Qu’attendre de la relation à l’autre ? Comment rendre le dialogue interreligieux fructueux ? Ces questions étaient au cœur du colloque annuel sur le dialogue interreligieux organisé par le CECR de l’Université catholique de Lyon, le 11 mai dernier. 

Parmi les nombreux intervenants : Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry – Corbeil – Essonnes, Dennis Gira, professeur émérite de bouddhisme à l’ISTR de Paris, ou encore Colette Hamza, enseignante en islamologie à l’ISTR de Marseille, le cardinal Philippe Barbarin concluant les débats. « Toute rencontre vraie est un mystère, a rappelé Mgr Michel Dubost lors de son intervention inaugurale. Quand je rencontre un musulman, je le rencontre avec mon histoire, et avec son histoire. Est-ce que je laisse l’esprit me rendre libre pour atteindre la vérité à laquelle mon interlocuteur aspire aussi. Il existe des interdits en nous. Je les déplore mais il faut les reconnaître. J’ai envie de rencontrer les musulmans pour dire dans quelle société je veux vivre, pour construire la paix. »

S’il n’a pas hésité à questionner le dialogue entre catholiques et musulmans instauré depuis un demi-siècle, évoquant sans sourciller ses retards, ses erreurs ou l’excès d’optimisme de certains de ses instigateurs, le P. Maurice Borrmans a souligné que le dialogue devait « appliquer le principe de réciprocité » et qu’il fallait « fixer des objectifs bien définis et des méthodes précises » ou encore « avoir le courage d’oublier et de dépasser les injustices du passé ».

Pour le P. Christophe Roucou, enseignant en théologie et en islamologie de l’ISTR de Marseille, c’est tout simplement « dans le dialogue que l’on découvre le don de l’Esprit »,
un dialogue à envisager comme « processus de vérité, qui met en jeu notre rapport avec l’autre et avec l’Autre, en n’oubliant jamais que nous ne sommes pas détenteurs de la vérité ». Ne jamais perdre de vue que « l’humanité dans sa diversité pérégrine entre son origine commune et sa rencontre vers Dieu », c’est se donner la chance de « s’engager plus loin que la fraternité, vers l’amitié qui relève de l’amour entre êtres humains, de l’amitié en Dieu ».
Se donner la chance de se souvenir que « les différences comptent moins que l’unité ».

Point de vue partagé par Dennis Gira, lequel posait comme clé du dialogue la nécessité de « se concentrer sur l’essentiel plutôt que se focaliser sur les détails ». Comme en écho dans un texte lu par Collette Hamza, Xavier Manzano, directeur de l’ISTR de Marseille,
se plaisait à souligner que le dialogue « suppose l’accueil de l’intériorité de l’autre dans sa propre intériorité, (…) qu’il convient de ne pas avoir l’orgueil de se penser comme auteur de la foi », citant le P. Jules Monchanin (1895-1957) pour proclamer que « les unités les plus difficiles sont les plus belles ».

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« Les unités les plus difficiles sont les plus belles »

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