Être au plus près des textes sacrés sans privilégier la lettre au détriment de l’esprit ? Daniel Ollivier excelle dans cet art fin et jubilatoire de la transmission du message humaniste et universel de la tradition juive.

Proposé et animé par Daniel Ollivier, le Cercle Bible, cycle de cours sur la Torah, rencontre un vif succès auprès d’un public composé de fidèles de confessions diverses et d’agnostiques. Passer des maux aux mots, quoi de plus normal pour un docteur en médecine diplômé d’hébreu biblique de la faculté de théologie de l’Université catholique de Lyon ? Daniel Ollivier décrypte le texte sacré dans ses coins et recoins, jusqu’à le rendre accessible aux plus rétifs, comme le médecin qu’il fut étudiait les symptômes de ses patients.

En terminale, son intérêt pour les cours de philosophie était déjà très marqué. Également attiré par l’hébreu, il attendra d’être à la retraite, après 35 ans de médecine générale au centre de santé Benoît Frachon de Pierre-Bénite (Rhône), pour apprendre enfin « sérieusement » la langue des écritures juives. « À la Catho, tout le monde pensait que j’étais juif », se rappelle-t-il dans un large sourire. Et pour cause. Juif, il ne le deviendra que quelques années plus tard. « Un moment évidemment décisif dans ma vie », assure-t-il, « mais juif, on ne l’est jamais assez », ajoute-t-il aussitôt. Et de sourire à nouveau. Car notre homme n’aime pas se prendre au sérieux, même – surtout ? – lorsqu’il évoque des sujets d’importance. Question d’état d’esprit. Surtout ne pas tomber dans le piège de la certitude. « Parce qu’elle nous échappe en permanence, on ne peut pas s’approprier la transcendance, sauf à en faire une idole », énonce-t-il calmement.

« Il me semble que tout être humain est hanté par quelque-chose qui le dépasse. Face à ce mystère, nous développons tous une équation, chacun à notre façon. » Prétendre en trouver la solution est tout bonnement impossible. « Comment développes-tu ton équation ? comment t’arranges-tu, toi, avec ta propre finitude ? » Daniel pratique volontiers ce dialogue, notamment au sein du Groupe Abraham de La Duchère. Juifs, chrétiens et musulmans y partagent l’étude des textes… et la prise de recul. « Le Livre est une partition commune qu’il nous revient d’interpréter ensemble pour déplier les ailes des mots. » La joie de l’étude nourrit cet humanisme qui l’invite à considérer l’autre avec bienveillance. « La laïcité n’est pas une affaire de tolérance, mais bien d’amour. L’autre doit avoir toute sa place. Être dans son identité n’est pas incompatible avec le dialogue, bien au contraire, sous réserve de ne pas s’approprier le divin et de ne pas prétendre détenir la vérité. »

« On ne peut s’approprier
la transcendance, sauf à en faire
une idole »

Daniel Ollivier © pointscommeun.fr

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