En photo : une partie des membres
de l’équipe-projet Lumières d’Oran

Mené de septembre 2016 à juin 2017 par onze étudiants du Bachelor Européen de Management et Développement 3e année de MADE iN, le projet Lumières d’Oran avait pour objectif de créer des ponts entre les cultures, promouvoir le partage et l’échange en allant à la rencontre de l’autre. Parfaite illustration de l’ambition du pôle d’enseignement supérieur de Sainte-Marie Lyon : « S’ouvrir, découvrir et agir (…) pour croiser les mondes ». Slogan choc au service d’une communication attractive ? Pas seulement, si l’on en croit la liste des projets menés par les étudiants l’année dernière. « Si notre enseignement cible naturellement l’acquisition de compétences techniques, il ne s’y limite pas, confirme Jean-Armand Barone, directeur de MADE iN. Nous nous donnons pour mission de former des personnalités conscientes des enjeux du monde contemporain. »

Le projet Lumières d’Oran répondait également à la volonté de Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran… d’origine lyonnaise, de faire de Notre-Dame de Santa Cruz, en cours de restauration, un lieu unique de « rencontres ouvert sur le monde et la culture ». Il profitait également des accords de mise en lumières de monuments passés entre Oran et la ville de Lyon, dont la maîtrise du sujet est reconnue dans le monde entier. Accompagné d’une équipe d’experts, Thierry Marsick, directeur de l’éclairage public de la ville de Lyon, était d’ailleurs à Oran le 5 juillet pour une série d’essais in situ et une conférence. Ces liens actifs entre les deux cités, dont la trace remonte jusqu’aux origines communes de leurs statues mariales respectives, fondues dans le même moule, ne pouvaient qu’aider le projet Lumières d’Oran à briller.

L’arrivée dans l’équipe de dix étudiants oranais, rencontrés lors d’un voyage à Oran en décembre puis reçus à Lyon début juin, constitua toutefois un tournant décisif. Il inscrivait l’engagement dans la réalité de la rencontre, l’incarnait au-delà du discours de l’intention. Plusieurs événements (présence place des Jacobins, à Lyon, lors des festivités du 8 décembre, conférence sur le campus René Cassin de l’école 3A, organisation d’une représentation de la pièce Pierre et Mohamed…) marquèrent aussi une année achevée par la soirée « Un pas vers l’autre », le 10 juin. Au programme : village interculturel, temps festifs et témoignages. Au pied de la basilique de Fourvière, Dounia Besson, adjointe au maire de Lyon déléguée à l’Économie sociale et solidaire, Mgr Philippe Barbarin, cardinal-archevêque de Lyon, Mgr Jean-Paul Vesco, archevêque d’Oran, et Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon, purent notamment échanger, un ciel étoilé pour témoin, sur la laïcité, l’altérité et le vivre-ensemble.

Si la fin de l’année scolaire sonne aussi celle de Lumières d’Oran, les témoignages de Malik, Marguerite, Antoine et Oussama (photo ci-dessus, de g. à d.) , montrent que le projet aura durablement imprimé sa marque dans le cœur des membres de son équipe. Les lumières ne sont pas prêtes de s’éteindre…

Ils ont dit…

Un projet porteur
d’espérance

Malik, étudiant oranais, membre de l’équipe-projet Lumières d’Oran
« J’ai eu connaissance du projet par l’intermédiaire de l’un de mes professeurs de l’École supérieure d’économie d’Oran. Depuis quelques mois, je m’investis dans une association caritative. J’essaye de profiter de la moindre occasion de rencontre et d’échange. Je pensais qu’en France, la plupart des gens avait une vision négative des Algériens. J’ai été très étonné et très touché en constatant que ce n’était pas forcément le cas. Le projet Lumières d’Oran est porteur d’espérance, notamment par l’impact qu’il a pu avoir dans les médias oranais. »

Oser le dialogue

Marguerite, étudiante lyonnaise, membre de l’équipe-projet Lumières d’Oran
« Je m’intéresse à la culture arabe et à l’islam depuis longtemps. Lorsque j’étais en terminale, la visite du lycée Al Kindi de Décines-Charpieu m’avait beaucoup intéressée. J’avais aussi eu l’occasion d’assister à une représentation de la pièce Pierre et Mohammed. Je n’étais donc pas totalement en terre inconnue, mais je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer vraiment des jeunes de confession musulmane. Cette expérience prouve toute la puissance de la rencontre. Souvent, les gens sont passifs. L’idée leur plaît, le principe aussi, mais derrière,
rien ne se passe. Parfois, c’est le fatalisme qui l’emporte. Combien de fois me suis-je entendue dire : « De toute façon, ça ne sert à rien. On est différent. C’est tout. » C’est justement en osant le dialogue, dans le respect, sans vouloir déterminer quelle culture serait « meilleure » que l’autre, que nous pouvons découvrir à quel point nos différences sont les plus beaux trésors que nous ayons en commun. »

Plus nombreux
qu’on ne le pense

Antoine, étudiant lyonnais, membre de l’équipe-projet Lumières d’Oran
« Le voyage à Oran a été humainement très fort. Il a décuplé notre envie de nous ouvrir à l’interculturalité et nous a permis d’aller au-delà des idées reçues, notamment sur l’Algérie. Nous nous sommes rendus compte que nous ne connaissions pas ce pays. Cette aventure m’a permis de voir comment des jeunes Algériens vivaient leur culture, pratiquaient leur religion, quels rapports ils entretenaient avec la France. L’objectif de Lumières d’Oran était de rendre possible une rencontre improbable entre des jeunes Lyonnais et des jeunes Oranais, entre des jeunes vivant en banlieue et des étudiants d’un école catholique du centre-ville… Ces rencontres ont aussi l’avantage de nous montrer que nous ne sommes pas tout seul dans notre coin. On peut parfois se sentir catalogué « doux rêveur », marginalisé, alors qu’en fait, les gens qui partagent cette envie d’aller vers l’autre sont beaucoup plus nombreux qu’on ne le pense. Il suffit de créer les conditions de la rencontre pour s’en apercevoir. »

Un signe fort

Oussama, étudiant oranais, membre de l’équipe-projet Lumières d’Oran
« C’est par le biais de mes études d’architecture, et d’une visite du site de Notre-Dame de Santa Cruz, que j’ai entendu parler du projet. Sa dimension interculturelle m’a tout de suite intéressé. Aller au-delà des différences permet de s’apercevoir que l’on a les mêmes passions, souvent les mêmes principes. Je suis engagé dans des associations qui interviennent sur ces questions, mais tous mes amis partagent cette ouverture à l’autre. En Algérie, nous avons aussi souffert du terrorisme. Le projet Lumières d’Oran est un signe très fort pour nous. Il nous rassure en nous montrant que tout le monde ne tombe pas dans le piège de  l’amalgame. Il incite chacun à agir. Si on change la vie d’une personne, celle-ci pourra peut-être changer celle d’un autre, et ainsi de suite… »

En savoir plus

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