Membre de la congrégation des Xavières, directrice du service national pour l’évangélisation des jeunes et pour les vocations de la Conférence des évêques de France, sœur Nathalie Becquart a livré quelques clés aux étudiants de l’UCLy, dans le cadre de la Semaine de l’engagement.

Faut-il foncer tête baissée vers la première cause venue ? Pour quelles raisons ? Pour et avec qui ? Comment ? Jusqu’où ? C’est à ces questions, entre autres, que sœur nathalie Becquart était invitée à répondre le 5 octobre dernier, lors des Conférences du Jeudi de la Prépa’ S. Irénée de l’Université catholique de Lyon.

Des questions d’actualité car, souvent étiquetée X, Y ou Z, 2 ou 3.0, considérée « en perte de repères », la jeunesse est aussi traversée par un véritable engouement pour l’engagement. Qu’il s’agisse de solidarité ici, d’humanitaire là-bas, le désir de tendre la main, d’être utile, de participer à un « bien commun » parfois flou mais porteur, n’attend pas forcément le nombre des années. S’ils se méfient ou rejettent les « pouvoirs » établis, partis politiques et médias en tête, les jeunes accordent encore leur confiance au tissu associatif.

Mais cette confiance ne doit pas les conduire à faire l’impasse sur certaines interrogations. Ancienne élève d’HEC, Nathalie Becquart a fait l’expérience de l’engagement bénévole pendant plusieurs mois au Liban. Elle admet en être revenue « transformée ». La jeune française prend alors conscience que « ce que l’on reçoit n’a du sens que lorsqu’on le redonne et qu’on le partage ». Cette conscience aigüe du don de soi l’amène à entrer chez les Xavières en 1995. Depuis, son engagement religieux est « soutenu, vivifié, par la rencontre », illustration de la devise de la congrégation : « Passionnées du Christ et passionnées du monde ». Une forme « d’équilibre » que l’on retrouve tout au long de son intervention. Lorsqu’elle souligne que l’on « devient soi-même par et pour les autres », elle n’oublie pas de rappeler, voire de prévenir, qu’il existe « une juste façon de donner » et de « vivre son engagement ». Quand elle affirme que « rendre les autres heureux » peut ouvrir au bonheur, elle précise tout de suite qu’il ne saurait s’agir d’un « bonheur fluo, rose, cocooning, qu’il peut même nous faire traverser des crises, mais développera en nous une vraie joie ».

C’est une ode au questionnement, sur le sens que l’on souhaite donner à sa vie, sur le type de personne que l’on souhaite devenir, qu’offre ici sœur Nathalie Becquart. Une invitation faite aux étudiants pour mieux se préparer aux enjeux qui se profilent à leur horizon, quand l’engagement suscite de plus en plus l’intérêt des grandes entreprises. L’ouverture de grandes écoles à l’économie sociale et solidaire laisse même espérer qu’évoquer en même temps « l’ESS » et « l’entreprise » ne fasse plus seulement penser à une célèbre série de science-fiction…  Qu’il s’agit bel et bien d’une réalité sociale au rendez-vous de notre présent, capable de dessiner une partie des contours de notre avenir. Toutes générations confondues.

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